17 mars : la méthode Rajoy tiendra-t-elle encore un mois ?

Aujourd’hui peu d’actualités, le seul article que je trouve sur le monde.fr : Sarkozy commence à y croire, envisage la victoire ; il n’a pas tort, je le trouve très fort comme animal politique. Cette remarque me semblait éculée et pourtant elle a été à l’origine d’une légère tension avec un couple d’amis que nous recevions à dîner hier.

Lui, de culture de droite, pense voter Hollande, « pour le changement ». J’exprime ma stupéfaction : pour la première fois tu vas voter à gauche ! Il infirme mais refuse de préciser. Aurait-il voté Jospin en 2002 ? Mauvais présage pour la gauche…. En tout cas je maintiens mon point de vue sur Sarkozy : il peut gagner grâce à son talent et parce qu’il a des propositions. Certes elles sortent du chapeau, ou plutôt de la bouche de Mélenchon ou de Strauss-Kahn, mais elles ont le mérite d’exister. Hollande, lui, joue le jeu de Rajoy, surfant sur sa position dominante grâce à un Président à qui les Français ont depuis plusieurs années ouvert la porte de sortie. Donc il ne dit rien, ce que souligne à juste titre Sarkozy. Cela suffira-t-il pour la gauche ? Pour ma part je reste déçue qu’un Socialiste n’ait pas d’idée mais juste une approche comptable dans ses propositions. Adieu belles envolées des primaires…

Notre invitée, quant à elle, vote traditionnellement à gauche. Je pense qu’elle est le juste reflet de cet électorat traumatisé par 2002. Elle aimerait donner sa voix à Joly pour ses idées mais surtout pour son courage face à la meute, et enfin parce qu’elle est une femme. Mais je pense qu’elle cèdera aux sirènes du vote utile. Alors oui Hollande a peut-être raison d’utiliser la tactique de Rajoy.

En revanche, il est un point qui a fait l’unanimité hier : on ne veut plus voir toute la clique haineuse de Sarkozy. Exit les Hortefeux, Guaino, Guéant et consorts, svp. Je pense que l’on ne sera pas écouté.

Certes c’est sûrement une bonne stratégie qui est mise en place par Sarkozy : puisqu’il n’aura plus l’électorat ouvrier, qui ne se fera pas berner une seconde fois (merci Mélenchon), il doit gagner des voix sur sa droite quitte à perdre les Centristes (pour mieux les retrouver au second tour ?). Du coup Bayrou penche à droite. Reste Hollande pour rafler la mise du changement soft, mais le pactole commence à s’amenuiser sérieusement. Les Français ne sont pas à l’agonie comme les Espagnols, ils ont encore besoin de croire que la seule austérité n’est pas notre destin pour les cinq années à venir.

 

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    17 mars 2012

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