3-4 mai : « Je ne veux pas voter blanc. Cela serait de l’indécision » Bayrou

Quelques heures avant le dénouement, les dernières émissions télés dédiées à cette campagne ont été moins attendues qu’avant le 22 avril, pas uniquement parce qu’elles me sont moins nécessaires mais surtout parce que le débat a focalisé mon attention alors que j’avais un peu décroché pendant le week-end à la campagne. Pourtant j’ai repris aujourd’hui, pour un dernier jour, mon rythme d’informations : visionnage de Canal + hier soir, lecture du Monde et écoute de France Info ce matin, et retour sur Canal + ce soir. Un peu d’internet entre temps, notamment la lecture de la déclaration de Bayrou.

La dernière parole décisive (?) : la déclaration de Bayrou que je trouve sur le net hier vers 18h. Il a pris sa décision, voter Hollande. Je suis surprise, j’attendais un vote blanc, puisqu’il militait pour sa reconnaissance. Je pense qu’il a déjà fait une telle traversée du désert qu’il ne pouvait pas aller contre la majorité des caciques du Modem qui se sont prononcés. Je suis surprise mais plutôt satisfaite en tant qu’ex indécise. Son ralliement est cohérent quand on sait qu’il a été une des voix les plus sévères contre la méthode Sarkozy pendant ce quinquennat. D’aucuns lui reprochent d’avoir sacrifié ses exigences économiques, mais il mise sur la moralisation de la vie politique également promise par Hollande et surtout il a, comme moi, privilégié le respect de l’altérité. Hommage donc à ce centriste, digne héritier de Raymond Barre, libre de s’engager au-delà des politiques partisanes.

Le débriefing du débat : le Grand Journal a donné la parole aux deux candidats. C’était un peu bizarre de refaire le débat sans le débat. Sorte de seconde chance pour reprendre ses erreurs et enfoncer le clou une dernière fois. J’ai peu apprécié le principe qui dénaturait l’exercice de style. Le débat n’est pas une énième occasion d’asséner son programme, c’est juste un combat de coq nécessaire pour montrer qu’on a la carrure pour diriger un Etat. Autre débriefing : le fact-checking, exercice très réussi dans Libé par C. Mathiot depuis plusieurs mois, voire années. Pour le débat, le site owni.fr s’y est collé, comme le huffingtonpost, et peut-être d’autres, la question ne méritait pas d’être creusée. Le résultat est là : consternant. Je passe sur la différence de sources, par exemple à propos du chômage entre pôle emploi et le BIT, qui implique des différences de calcul, mais il y a eu beaucoup d’approximations inadmissibles comme lorsque le Président de la République a affirmé que le personnel de l’Education Nationale représentait la moitié de la fonction publique quand c’est 1 pour 6. Sarkozy voulait miser sur un discours très technique pour montrer qu’il était le plus crédible dans la fonction, il aurait pu mieux préparer ses chiffres. Je retrouve dans un article du Nouvel Obs de J.-M. Charon une idée que j’ai évoquée avec des collègues, hier, dans le train qui me ramenait d’une réunion, à savoir la possibilité de faire défiler les vrais chiffres en bandeau, en bas de l’écran, mais à la réflexion je me dis que cela pourrait avoir l’effet pervers de pousser les candidats à ne sortir aucun chiffre. Or si on se moque bien finalement des chiffres exacts du déficit quand les sommes astronomiques atteintes perdent toute réalité pour le commun des mortels, un débat sans chiffre réduirait les argumentaires à de belles paroles, pendant lesquelles il serait difficile de juger de la capacité de l’adversaire à résister aux coups.

Pour le divertissement : le Petit Journal. J’ai, depuis le début de cette campagne, bien aimé leur parodie de l’élection dans le cadre de leur CE, je leur cède donc le dernier mot à quelques minutes de la fin de la campagne officielle. Les épisodes du jour reprenaient les portraits des deux sélectionnés pour le second tour avec en petite fenêtre la réaction du candidat concerné. Ils étaient nettement moins souriant que moi. Cela doit être le côté le plus désagréable de ce métier : subir la parodie. Certes celle-ci aura eu moins d’impact que celle des Guignols dans les années 1990, mais elle était nettement plus décalée.

Allez derniers jours avant le résultat. Les ultimes sondages donnent 52% / 48%. Je devrais être confiante, mais une personne sur cinq n’est pas encore sûre de son vote et, malgré la victoire d’Hollande au débat, Sarkozy a pris 2 points en une semaine… alors il y aura une légère tension dimanche soir.

Partager sur :

    5 mai 2012

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    *

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>