25-26 mars : indécise d’apparence à conquérir

Dimanche soir, selon les journaux, Bayrou serait entré en campagne aujourd’hui (sic), avec son meeting du Zénith. Je tente une nouvelle démarche : regarder ce meeting en streaming. Je lance la vidéo, mais c’est un peu mou lorsqu’on n’est pas dans le bain de la foule, lorsque personne n’a chauffé la salle (mon bureau en l’occurrence), alors je lis en parallèle le discours qui est retranscrit sur la même page. J’ai ainsi le ton de l’orateur, trop linéaire à mon goût, et le fond, mais le discours est long et c’est un exercice intellectuel peu fructueux, j’essaie d’aller à l’essentiel : après la profession de foi et les ambitions, on a un aperçu des premiers mois de sa présidence, ce que j’attendais dans l’absolu (cf. post du 24 mars). Je me concentre donc là-dessus.

Le gouvernement reposera sur le mythe de l’Union Nationale : ça sonne quand même très à droite avec cette référence à Poincaré et son franc-fort ! D’ailleurs j’ai remarqué que l’orange de 2007 a laissé place au traditionnel bleu de la droite, mais comme Hollande l’a aussi choisi, cela garde-t-il un sens ? Sinon son mandat commence bien avec l’idée du référendum sur la moralité de la vie politique, là je suis. Ensuite il y a bien un pseudo calendrier, mais que c’est vague. Je prends un exemple, celui de la loi des finances du 14 juillet : des économies dans le fonctionnement de l’Etat, oui mais lesquelles ? L’abaissement des niches fiscales : dans quelles proportions ? Toutes les niches ? Seul le point de TVA est concret.

En bref, ce que l’on comprend, c’est qu’il va mettre tous les décisionnaires au boulot, pas de vacances en vue, soit, mais il faudrait peut-être qu’il donne le La de ces futurs groupes de réflexion, non ?

J’arrête la lecture… je vais me coucher, pas de rêve de leader potentiel en perspective, le streaming ne galvanise pas les foules.

Ce matin, revue de Presse de Bruno Duvic sur France Inter. J’apprends que la revue Sciences Humaines fait un dossier « Dans la tête de l’électeur » pour une réflexion sur l’indécision. Je tends l’oreille, c’est pour moi ça. Je reprends ici les principales remarques de Duvic, car après avoir lu le dossier, il me semble avoir soulevé avec justesse ce qui méritait de l’être :

-    1/4 d’indécis au moment d’aller voter : soudainement je ne me sens plus seule.

-    L’influence des médias est faible sur le choix du candidat, en revanche elle reste décisive sur l’agenda de la campagne : et donc sur le mien…

-   La volatilité et l’indécision travaillent – de plus en plus – l’électorat : l’article Héloïse Lhérété (« l’énigme du vote ») précise « en période électorale » ; j’ai trouvé intéressant son rappel, à ce sujet, du rôle de l’émotion dans cette phase de notre vie de citoyens. Si, à cette occasion, l’amitié et la famille résistent normalement à certaines discussions tendues, on raye vite de ses tablettes quelques connaissances, ou alors il faut quelques mois pour que cela s’apaise, mois pendant lesquels on parlera d’autres choses. Mais cette année, comme je suis l’Indécise, pas de risque pour moi de ce côté-là !

Cette chronique m’a donné envie d’aller plus loin et donc de lire ce dossier. Ne pouvant tout lire et surtout tout commenter sur ma pause déjeuner, je me concentre, pour aujourd’hui, sur le second article, celui de Christophe Bouillaud, « Dis-moi qui tu es, je te dirai pour qui tu votes », qui distingue 4 mécanismes pour expliquer le bulletin mis dans l’urne, cela donnera-t-il un indice sur le mien ?

-    Mon lieu de résidence : cela ne me concerne pas, ou si peu, puisque j’ai grandi à la campagne, fait mes études à Paris, ai vécu à l’étranger, dans une grande ville de province et dans une ville moyenne de province, pour finalement revenir à Paris… à moins que je ne sois représentative de ces semi-nomades urbains dont le vote est volatile.

-    L’influence du pater familias : je ne l’ai pas reniée dans mon premier post (cf. 15 mars)

-    Ma place dans la société : classe moyenne qui se paupérise, le prolétariat des intellectuels surdiplômés (oups j’en dis trop ?), cela pourrait expliquer ma tendance à pencher à gauche.

-    Ce qui compte le plus pour moi : difficile à dire, entre l’écologie, la santé économique du pays, la justice sociale et la solidarité, le logement, mon cœur balance, finalement je dirais peut-être le pragmatisme républicain, agrh… vieux démons radicaux de la IIIe République sortez de mon corps !

Un extrait de l’article m’interpelle : « En France, en raison des changements incessants connus par les partis en lice, les chercheurs ont eu tendance à transposer la notion d’identification partisane en une notion équivalente de positionnement sur l’axe gauche/droite. » C’est assez énigmatique, il faudrait détailler les « changements incessants ».

Pour ma part je pense que Bayrou n’arrive pas à convaincre sur le bienfondé du centrisme, si cher à la IIIe République, car les élections ne reposent plus sur la proportionnelle, mais sur un scrutin uninominal majoritaire à 2 tours qui induit au second tour l’affrontement de deux camps, une césure nette se crée dans l’esprit des Français. Bayrou pourrait suggérer de prendre au second tour tous ceux qui ont plus de 20 % ? Allez je ne suis pas là pour faire sa campagne, je ne suis pas indécise qu’en apparence, même si les amalgames de Le Pen hier (que volontairement je ne reprends pas ici) et la bourde de Sarkozy de ce matin, son côté bling-bling, tout est dans l’apparence, vont m’aider à me décider.

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    26 mars 2012

    Une réponse à 25-26 mars : indécise d’apparence à conquérir

    1. 2plas said:

      dans Bayrou il y a roux : cqfd
      un seul mot d’ordre au premier, au deuxième et même au troisième tour =>votez Bayrou
      ;-)
      signé : ORdP
      Président de l’association européenne des personnes de taille moyenne

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