20 avril : allez plus que 3 !

Un point sur mes errances de citoyenne dans ce journal depuis plus d’un mois, non pas en terme de réception de l’information, je garde cela pour la fin, mais en terme d’analyse de la campagne.

Je pensais le 17 mars que Sarkozy pouvait gagner, il est par la suite bien remonté dans les sondages, mais il s’effondre maintenant, il risque même de se faire chatouiller par Le Pen. La césure : l’émission Des Paroles et des Actes, à mon avis, il y a été renvoyé dans ses retranchements. Si je pouvais reconnaître à Sarkozy quelques points positifs dans son bilan, en matière de réformes, la tournure radicalement policière qu’ont pris sa campagne, son programme et sa lettre m’a définitivement écarté de cette option pour dimanche. En outre, il a joué sur la mauvaise foi d’Hollande en matière de réalisme des propositions. Il aurait dû balayer devant sa porte : depuis mardi dernier deux instituts libéraux (L’Entreprise et Montaigne) ont repris les comptes, il manque entre 10 et 20% pour l’équilibre, de nombreuses dépenses dans ses effets de surprises ont été très mal évaluées. En plus de cela il reprend des mesures d’Hollande, par exemple le volet « croissance » dans les traités européens… on donne dans le grand n’importe quoi politique, le prêt à tout pour gagner.

En revanche, la méthode Rajoy d’Hollande a finalement bien fonctionné. Si j’ai révisé légèrement mon point de vue sur le manque de valeurs dans ses discours, c’est bien ses propos comptables et anti-sarkozystes auxquels il a donné la priorité. Je reste déçue par l’absence de l’écologie dans son programme, mais rassurée sur sa capacité à convaincre les partenaires européens et à affronter les enjeux internationaux. Je suis partagée entre déception et pragmatisme.

Joly me pose toujours un cas de conscience : on l’aura compris, l’écologie reste pour moi une priorité. Mélenchon est celui qui l’a le mieux défendue. Mais son programme entraînerait un changement bien plus radical d’un point de vue social et économique pour voter pour lui uniquement sur le critère de l’écologie. J’avais salué le courage de Joly, et surtout mon écœurement pour le parti EELV, mais si je mets maintenant un bémol sur Duflot, qui a fait le job, cela continue de peser sur mon vote pour Joly : à l’instinct j’aurais tendance à le faire mais cela aidera-t-il les caciques du parti à se remettre en cause ? J’en doute. Mon indécision de dimanche portera-t-elle sur ce point ? Je trouve cela dommage malgré tout.

La grande surprise de cette campagne du premier tour restera, à mon avis, l’engouement pour Mélenchon. Je l’ai vécu comme un acte militant fort et comme un signe important pour Hollande : prendre garde à ne pas céder aux sirènes du pragmatisme européen. Mais pour l’instant c’est à moi d’être raisonnable, comme beaucoup d’indécis puisqu’il baisse dans les sondages. Sincèrement son dirigisme économique me semble d’un autre âge. Le parcours de l’Argentine pourrait lui donner, en quelque sorte, raison, mais à quel prix ? Une écologie sacrifiée au profit de la spéculation sur les matières premières, donc au détriment des pays les plus fragiles ? Un smic à 1700 euros ? Comment les PME pourraient-elles tenir le coup face aux produits chinois à moins de les subventionner comme on le fit pour les 35h ? Prendre aux riches ? Mais leur argent est dans les paradis fiscaux. Trop de questions dans lesquelles je ne vois pas de réponses satisfaisantes. En revanche, la VIe République mérite un vrai débat, pour le prochain quinquennat. Je reconnais ici que je n’ai pas porté toute l’attention méritée au programme de Mélenchon, donc c’est celui-là que je vais relire demain, par acquis de conscience, peut-être pour mieux affronter les législatives, car je l’avoue à propos de Mélenchon mon instinct gardera le dessus sur la réflexion, pour ce premier tour. Comme je le pressentais depuis un mois, je ne suis pas mûre pour la révolution.

Reste Bayrou ! Et là encore, il faut que je planche sur le sujet : sa rigueur intellectuelle doit être encouragée, mais les valeurs portées m’enthousiasment peu. Son « produire français » est d’un bon sens que le vainqueur peut reprendre à son compte, bien que cela semble peu réalisable dans les faits. Le budget des Français est tellement serré. Je reste touchée par sa volonté d’assainir la vie politique, mais son isolement rend un peu vaine sa démarche. J’étais surprise d’entendre récemment des militants dire qu’il devait accepter un poste de premier ministre ! Mais c’est tout son combat qui s’effondrerait alors.

Il me reste encore 3 candidats, Bayrou, Hollande et Joly, et 3 jours pour me décider. Mais la campagne officielle se termine ce soir à minuit, la règle est claire : « toute action de campagne et tout acte de propagande à visée électorale sont interdits sur l’ensemble du territoire de la République », et risque 3 750 euros d’amende. Fais-je acte de propagande dans ce journal ? D’aucuns pourraient le penser, surtout que mon vote se précise, mais rassurez-vous je ne suis pas téléguidée comme l’était Victoire Passage et son clip de Mélenchon pour faire la pub d’une société de prod « Passage Piéton ». Et dire que tous les grands médias ont relayé ce fake, elle a été invitée avec beaucoup de sérieux sur les plateaux télés, notamment dans les émissions d’infos. Allez ! Je ne suis pas rancunière, mais j’avoue sur le coup avoir regretté de ne pas mettre une photo de mes seins, ce que j’ai de plus beau, dans ce journal. Revenons aux choses sérieuses, en ce qui concerne la fin de la campagne officielle je ne prendrais pas de risque, je n’écrirais pas avant le vote, donc je vous dis : à lundi.

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    20 avril 2012

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