18-19 mars : je n’ai pas pris la Bastille, ni joué au tiercé

Lire le JDD le dimanche matin c’est un peu comme lire le Pari Turf de la campagne. On est informé sur l’entrainement des chevaux, leur pédigrée, leurs statistiques personnelles, le terrain et surtout on vous donne des côtes, pour mieux aller parier. Mais rien sur la course, alors que celle de la campagne présidentielle a bel et bien commencé. Cette presse m’est donc totalement inutile avant la dernière ligne droite, surtout si c’est pour me sortir encore un sondage sur la côte de popularité de Fillon !

Je suis curieuse en revanche de ce qui se passera à la Bastille. Un déjeuner en famille ne me permet qu’une pensée pour les participants, notamment quand le ciel s’assombrit. En revanche, sur le chemin du retour, je regarde les twitts du discours, en direct. Ouah mais les Rouges sont de retour : références à la commune, calendrier oblige, mais aussi à « toutes les révolutions », au « droit des réquisitions », un petit air de Laguiller, non ? S’il me semblait que,  depuis le début de la campagne, Mélenchon écartait habilement toute référence au communisme, mis à part le fond rouge de ses meetings, le caractère révolutionnaire de ses propos me semble ici audacieux. La révolution dans les urnes ne crée en tout cas pas d’euphorie longue durée. Descendue place de la République (pas encore celle de la VIe) pour cause de rues fermées, je marche en sens inverse des militants qui s’en retournent tranquillement. Les commentaires des journalistes sur cette prise de la Bastille sont élogieux en ce qui concerne le défilé, le rassemblement, mais pas le discours. Un simple acte militant donc, qui ne m’apporte pas le contenu recherché pour pallier à mon indécision.

Le soir je regarde un peu Sarkozy dans Capital. Le format est intéressant : des petits sujets enregistrés donnent la parole aux Français, mais la reprise de ce concept de TF1 passe un peu mieux sur M6, on est moins stressé par l’idée d’un chrono qui tourne et surtout il y a moins d’opérations de charme de la part du candidat. En revanche le débat est totalement absent. Il ne s’agit que d’une tribune libre. Je retiens ainsi encore une annonce tonitruante du Président-candidat : aucune charge sociale pour l’emploi des Séniors, magnifique, mais cela va coûter combien ? En mai 2012 c’est la fin de l’austérité ? Je commence à être noyée par toutes les propositions de Sarkozy, j’aimerais tant avoir en regard celles des autres candidats. On pourrait imaginer un format média avec un jour, un thème de campagne : les candidats exposeraient leurs propositions phares, les uns après les autres, un peu comme lors de primaires socialistes. Je sais que cela est difficile à organiser avec 10 (11 ?) candidats, mais il n’y a pas plus simple pour le respect du temps de parole. Et surtout, on pourrait vraiment se faire une opinion sur le fond au lieu de ne se positionner que par rapport à des sondages.

Hommage aux enfants victimes de la folie meurtrière, mes condoléances aux familles et à leurs proches…. Dois-je mettre également ce journal en deuil pendant une journée ? Nos candidats édicteront la conduite à tenir.

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    19 mars 2012

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