10 avril : à chacun son pain quotidien

J’ai déjà fait allusion à ma nostalgie d’ado sur les clips de campagne, les réclamant ici à corps et à cri, ou presque, mais je ne pensais pas qu’ils avaient encore autant de succès. Itélé m’apprend hier soir qu’ils ont été vus par 20 millions de téléspectateurs en 2007, 1,8 millions de plus qu’en 2002, « c’est ringard mais c’est regardé ». Ma curiosité mise en alerte pour l’écriture de ce journal est cependant calmée par la réflexion suivante : ils ont un faible impact car ils ne font que stimuler les électeurs acquis à un candidat. Donc ce ne serait pas le bon médium pour les indécis ?

Je ne les ai pas encore vus à la télé, mais étant donné ma consommation je risque de peu les voir. Ils sont disponibles sur le site de France télévision, avec un commentaire qui résume leurs spécificités. Une question demeure à propos de Mélenchon : il n’a fait qu’une version longue (3’30 contre 1’30) ? Peut-elle-être diffusée à la suite des versions courtes ? Ce n’est pas très réglo en termes d’équité.

Sans surprise par rapport aux décors des meetings, il y a une majorité de fond bleu, comme un ciel, mais je note qu’il se couvre de nuages de l’extrême droite vers le centre. L’ovni Cheminade a choisi le fond blanc. A gauche c’est rouge pour Mélenchon, les petits ont donc dû se démarquer : Poutou marche dans la rue, Arthaud est dans un bureau.  Elle annonce sa référence à Laguiller, mais son petit sourire en coin ne rappelle pas la légendaire colère de son aînée.

Le clip le plus original est celui de Joly qui écrit une lettre, comme on rédige une lettre de rupture pour un amour impossible. Le spectateur est indiscret, il regarde par-dessus son épaule et participe au tournage. Aucune autre image, seuls quelques slogans, en vert, appuient son discours, mais la musique est très présente, c’est celle d’un jeu video, Final Fantasy, qui pourrait être un slam. Le clip entêtant de la Présidentielle 2012 ! Il traduit bien ma peine en tout cas.

Sinon, dans l’ensemble, c’est très classique, le candidat s’adresse aux Français de face, en buste. Si les deux leaders se permettent de jouer sur leurs valeurs respectives, avec images historiques à la Mitterrand 1988 pour Hollande, les 2 outsiders y vont de mesures concrètes, ils sont cadrés assez similairement et s’adressent sobrement aux Français, enfin, Le Pen s’adresse surtout aux automobilistes et Mélenchon aux smicards. Bayrou fait dans le fouillis, il est hésitant quand il rappelle ses 4 piliers de campagne mêlant images de sa campagne présidentielle et une musique synthétique des années 1980. Arthaud, Poutou et Dupont-Aignan sortent leur fond de commerce, sans mesures concrètes, alors que Cheminade surf sur sa prédiction de la crise prononcée en 1995 pour que le Titanic évite de se reprendre  un iceberg. Un mauvais point pour Hollande qui nous prend pour des idiots en illustrant  par une image chacun de ses mots, par exemple quand il parle d’argent on voit la fabrication de pièces de monnaies ! Mais sinon le ton se veut vindicatif, ce que l’on aurait pu attendre de Mélenchon qui a préféré la carte PC des années 1990.

Alors pour ceux qui cherchent des valeurs historiques, celles bien établies dans les partis traditionnels, ils les trouveront clairement énoncées, pour ceux qui cherchent des réponses à leurs problèmes du quotidien, ils seront servis par Mélenchon et Le Pen. Au centre Bayrou, pour les moins fatigués. Mais pour les indécis qui ne mangent pas de tous ces pains un peu rassis… il faudra  en effet continuer à se nourrir ailleurs.

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    10 avril 2012

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