06 avril : la dernière cartouche de Sarkozy a fait pschitt

Ces derniers temps j’attendais avec une impatience mesurée le programme de Sarkozy, non pas tel un évènement, mais pour fonder mon jugement sur ce candidat. Je m’interrogerais même hier sur un éventuel virage à gauche. Manqué, il ne nous a pas refait le coup de 2007. Il garde son costume de ministre de l’Intérieur qu’il a tant aimé.

Le programme est tombé hier en fin d’après-midi : 32 propositions courtes et une longue lettre de 34 pages. Et là je me suis dit « je vais avoir du mal à remplir la page du vendredi avec cela ». La presse écrite confirme mon appréhension, cette non nouvelle passe nettement au second plan, ou alors elle fustige à juste titre la vacuité de ce programme. Dans les extraits de la conférence de presse associée à cette sortie, j’ai trouvé Sarkozy malhabile, hésitant, taciturne et ce pour la première fois depuis le mois de janvier, comme si lui-même n’y croyait plus. Il a voulu certainement reprendre sa posture de la sévérité justifiée par la situation financière critique de la France. Mais là il va trouver du monde au portillon pour le jeu des comptes, car une grande partie des recettes annoncées dépend de variables qu’il ne contrôle pas, comme les autres, et ses restrictions budgétaires, notamment sur le fonctionnement des collectivités territoriales, sont trop floues pour être parlantes.

Dans l’ensemble ses mesures maintiennent la tonalité d’une droite populiste. La lettre la confirme : les 5 premières pages traitent de la sécurité, de l’immigration ou de l’émigration. Puis viennent la formation (des chômeurs et des jeunes), soit, mais je n’ai pas vu les dépenses conséquentes qu’implique ce programme dans le chiffrage qu’il en fait. Ensuite 5 pages pour nous expliquer comment il a sauvé la France pendant la crise, c’est de bonne guerre. Et enfin il détaille quelques unes de ses 32 propositions. C’est trop long, j’arrête la lecture. En fait il m’a découragé dès les premières pages et je ne suis pas déçue quand je lis les dernières lignes écrites de sa plume qui font l’apologie de la frontière, sa « France Forte »! Et dire qu’il ose critiquer à couvert Mélenchon en comparant l’avenir qu’il propose à la Corée du Nord !

Les choses se précisent pour moi, sans engouement pour autant. J’attends donc les confrontations à venir et la campagne officielle pour voir ce qu’il en ressort de bon ou de mauvais. Encore 30 % d’indécis selon LeMonde.fr, avec un article de G. Finchelstein qui tente de prouver que tout se joue au premier tour. D’où le leitmotiv actuel d’Hollande sur le 22 avril et les gros coups de coude vers l’extrême droite de Sarkozy, tout en se tapant dessus. Huummm ça promet sur le ring… heureusement que Mélenchon a mis la barre haute.

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    6 avril 2012

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