08-10 mai : derniers mots, je vais « disparaître ici »…

Un dernier bilan sur ma démarche citoyenne et sur la tenue de ce journal s’impose avant de le refermer définitivement. En ce qui concerne l’élection elle-même, j’étais bien moins au courant des règles de campagne que je ne le pensais. Par exemple : je confondais fin du dépôt des parrainages et début de la campagne officielle. Ainsi j’ai attendu avec impatience les clips de campagne alors que leur diffusion ne pouvait commencer que le 09 avril. Je pense que les médias pourraient présenter les règles de la campagne dès qu’elle commence et ne pas attendre chacune de ses étapes pour les détailler et en faire un marronnier. Cela serait la moindre des choses pour les personnes qui vont voter pour la première fois, mais aussi pour ceux qui comme moi oublient ces éléments d’une campagne à l’autre.

Les règles du temps de parole sont restées bien mystérieuses pour moi : entre obligations pour les services publics, et encore, si j’ai bien compris, pour la télé seule, et règles de bonne conduite pour les chaines et radio privées, j’ai été un peu perdue. En outre la distinction entre télé, radio et presse écrite perd tout son sens quand on les consulte tous sur internet. De même une grande partie des citoyens, moi la première, a pu jouer les journalistes en se vantant d’être au courant des résultats 2 à 3 heures avant 20h. Cela ne respecte pas l’égalité républicaine. Pourquoi ne pas fermer tous les bureaux de vote à 19h. Et enfin, les chaînes de télé ne devraient pas pouvoir commencer leur émission dédiée à la soirée électorale un quart d’heure avant les résultats, au moins pour le second tour pour lequel les images des QG et des lieux de fête prévus étaient lisibles. Il faudra revoir tout cela avant 5 ans. Le Conseil constitutionnel devrait plancher sur le sujet, enfin je l’espère, car il semble que l’on n’en parle que quand la machine est enclenchée.

Sur mon métier de citoyen, je note que la tenue de ce journal m’a pris bien plus de temps que je ne le prévoyais. Je tablais sur 2 heures par jour, prise d’information comprise, cela a pu aller jusqu’à 4 heures. La rédaction, la mise en page et les efforts pour assurer la diffusion de mon propos ont considérablement alourdi ma tâche quotidienne et ils relèvent davantage de la démarche d’un journaliste ou d’une citoyenne indécise très engagée que de celle d’un citoyen lambda. Mais comme l’exigence de retranscription et de diffusion de mon propos m’ont forcée à une grande rigueur dans la prise d’information, n’est-elle pas indispensable pour être une citoyenne consciencieuse ? Mon parcours vers la décision a grandement bénéficié de cet exercice. J’ai le sentiment d’avoir voté en âme et conscience, libérée de mon expérience antérieure ou d’influences actuelles. Cela explique certainement un certain manque d’entrain, c’est la raison qui a parlé, je n’ai pas été emportée par l’élan des partisans vers la victoire.

La principale surprise vis-à-vis de l’exercice fixé fut de constater la porosité de mon cerveau. Il s’avère difficile de tenir un discours construit sans l’élaborer par écrit. Ce sont surtout des impressions qui découlent de nos écoutes ou lectures. Cela n’a pas empêché les discussions passionnées avec mes proches mais ce sont bien souvent deux ou trois thèmes qui ressortaient : le vote utile, le charisme du candidat, la faisabilité économique de ce qui était proposé ou encore la tonalité des quinquennats passé ou à venir. Alors je ne peux blâmer les journalistes de se focaliser sur ce que l’on appelle « les petites phrases ». L’information et les analyses sont disponibles à qui les cherche, mais notre « temps de cerveau disponible » est restreint.

Mon bilan sur les médias est donc plutôt positif. Si l’on a parfois entendu une critique acerbe de la qualité de la campagne, elle relève davantage des sujets privilégiés par les candidats que des médias. A ce propos le reportage visionné hier sur Canal +, un suivi sur six mois des stratèges de la campagne, était très intéressant. On y découvre le niveau d’improvisation et d’adaptation dans les stratégies adoptées. En outre, d’un point de vue des personnalités, ce reportage confirme l’importance de Buisson dans la campagne de Sarkozy, au grand damne de certains proches du président. Mais il donne surtout une des clefs de son échec : il a fait ses choix seuls, à l’instinct, privilégiant la droitisation de son propos à la défense de son bilan, sans faire la synthèse de ce que ses conseillers lui offraient. Guaino a dû faire la girouette pendant que Raffarin ou Rama Yade devaient ravaler leurs valeurs. L’erreur de Sarkozy : croire que le centre droit le suivrait coûte que coûte et ne pas prendre en compte l’anti-sarkozysme des électeurs de Le Pen. Hollande a su quant à lui s’entourer de collaborateurs aux tendances politiques parfois éloignées afin de créer une convergence vers sa personne. Le rôle de Sapin se révèle pleinement. Le reportage analyse les tactiques des deux favoris, mais elles étaient déjà bien connues. La nouveauté, enfin pour moi, fut de suivre le revirement de Le Pen, sous l’influence certaine de son père, qui a fait le métier : sortir de l’euro inquiétait une partie de son électorat, alors que la préférence nationale était une valeur sûre. La tactique du bouc émissaire fonctionne mieux quand il a un visage, d’où également l’abandon par Hollande de la finance, l’ennemi sans visage, pour se concentrer sur Sarkozy.

J’ai également regardé le reportage de Moati mais je ne retiens rien de ce suivi assez classique des candidats en campagne. Dans l’ensemble mon bilan sur l’offre télévisuelle est mitigé. Elle a été lente à démarrer, alors que nous avions été abreuvés d’émissions en janvier/février, sans parler des primaires socialistes. On a eu le sentiment d’un soufflé qui retombait, d’où l’insatisfaction de beaucoup sur la qualité de la campagne. Il a fallu attendre le début du mois d’avril pour que la machine soit relancée.

Toujours à propos de la télé, j’ai regretté de ne pas avoir suivi Lapix, mais impossible de la regarder le dimanche midi, et que l’émission de Taddei fût réduite au seul mardi. Calvi a en revanche continué sur sa ligne, il est celui qui a offert les débats les plus acérés. Malgré cela, il ne restera pas de vision forte de cette campagne, si ce n’est le débat final, qui marquera les esprits grâce à la pugnacité des deux candidats. Toutefois, dans la forme, il est resté bien classique. Les autres émissions ont davantage servi de tribune aux candidats, ce qui relève aussi de la mission des principales chaînes. Oui la télé a fait le job, mais elle n’a pas su innover. Tout le monde est resté à table.

La principale nouveauté de cette campagne 2012 est ailleurs : les places des grandes villes sont redevenues des agora, la rue a repris la place qu’elle occupait jusque dans les années 1960, et tout cela à l’ère du web 2.0 ! Mais justement c’est peut-être parce qu’internet et les réseaux sociaux ont été les meilleurs canaux de diffusion de l’info et de discussion des citoyens que l’on pouvait tranquillement sortir de chez soi pour aller vivre cette campagne à l’air libre.

Avec le printemps qui s’annonce enfin, je vais pouvoir moi aussi quitter sans scrupule mon écran, mais je voulais terminer ce journal en exprimant le plaisir que m’ont procuré les retours positifs sur cette expérience partagée avec vous autres, citoyens.

FIN

Partager sur :

    10 mai 2012  1 commentaire

    7 mai : « Moi, Président de la République… » Hollande

    Partager sur :

      6 mai 2012  1 commentaire

      06 mai : un parfum de rose sur twitter

      Il n’est pas à propos de parler ici des candidats avant 20h. Je profite donc de ce dimanche pour poursuivre mon bilan sur mon accès à l’information pendant cette campagne. Aujourd’hui, puisque la télé ne sera pas allumée avant 19h45, c’est le tour d’internet et de twitter.

      Je pense que cette campagne fut innovante de part l’installation définitive d’internet dans ma vie. Les sites des partis m’ont permis d’avoir accès aux programmes et ce en temps voulu ; je n’ai pas eu à attendre les tracts, et heureusement car, au final, je n’aurais eu que celui de Bayrou et celui de Hollande. Soit je ne suis pas dans le bon quartier, soit le militantisme a délaissé les marchés pour les ordinateurs. En outre, grâce à internet, je n’ai pas eu à attendre la documentation officielle, que l’on reçoit par la poste bien tard, 2 jours avant le vote.

      Maintenant, c’est à nous d’aller chercher l’information, c’est un effort à faire, mais cela nous permet de la lire au moment opportun. C’est également sur ces sites que j’ai pu voir en streaming les meetings. Quel confort ! J’étais libre de faire des pauses ou de repasser des moments clefs. C’est le meilleur moyen de saisir un discours, même si cela ne permet pas de s’enthousiasmer. Quoique, le visionnage de celui du Bourget après avoir pris ma décision fut assez efficace en terme de motivation. Cela va-t-il suffire pour aller à la Bastille ce soir ? Comme en 1981, le temps n’est pas très clément et l’ambiance générale n’est pas aussi gaie qu’il y a 31 ans. Ouah, je prends un coup de vieux en écrivant cela !

      Je suis en revanche nettement moins convaincue par les sites de comparateurs de programme ou les quizz, une nouveauté de cette campagne me semble-t-il. Ils reposent sur l’extraction des programmes de quelques phrases, ce qui fausse le jugement, car sans le contexte elles peuvent avoir plusieurs sens. Je me suis fait piégée à choisir des mesures de Le Pen ! Malgré les efforts pour rendre ces sites ludiques, comme celui de Libé, et pour modérer les réponses, donc pour s’approcher de notre sensibilité dans le résultat final, cela reste anecdotique car on ne maîtrise pas le cheminement de notre vote. Je suis restée incrédule.

      En ce qui concerne twitter, cela restera aussi un jeu pour moi. J’ai ouvert mon premier compte, « citoyenne indécise », pour ce journal, c’était donc une découverte. Je n’avais choisi de suivre que des journalistes, des hommes politiques ou des sites d’info, soit de radio, de télé ou des sites dédiés à la présidentielle. J’ai utilisé twitter pour les interpeler sur ma démarche, mais dans la grande majorité, ils ne m’ont pas suivi. J’ai eu en moyenne une vingtaine de followers, pas toujours les mêmes, surtout des anonymes. Cela m’a ramené quelques visites sur ce site, donc ce ne fut pas vain, mais l’investissement n’était peut-être pas à la hauteur du résultat. J’ai aussi joué le jeu du commentaire en direct, notamment lors des grandes émissions télés. Dans l’ensemble c’est un défouloir et on y trouve quelques tweets divertissants, mais aucune information sérieuse.

      #radiolondres a été le # le plus réussi, notamment le 22 avril, car pour aujourd’hui ça sent un peu le réchauffé. Ce n’est pas la victoire des twittos sur la loi car la liberté trouvée là ouvre la porte à la désinformation. Un vingtaine de tweets à la minute en ce moment. Un extrait : Coluche ne s’était pas trompé. Soit, ce n’est pas une surprise, donc il y a moins d’émotions que le 22 avril, et on a besoin en ces moments sérieux d’un discours officiel. Mais ça occupe avec le sourire, donc je prends.

      Je vais donc attendre 20h comme tout le monde, même si l’illustration ci-dessus donne la tonalité qui se dégage sur internet. Avec même peut-être une surprise par rapport aux tendances des derniers sondages…. le cours de la tulipe monte !

      Partager sur :

        6 mai 2012  1 commentaire

        3-4 mai : « Je ne veux pas voter blanc. Cela serait de l’indécision » Bayrou

        Quelques heures avant le dénouement, les dernières émissions télés dédiées à cette campagne ont été moins attendues qu’avant le 22 avril, pas uniquement parce qu’elles me sont moins nécessaires mais surtout parce que le débat a focalisé mon attention alors que j’avais un peu décroché pendant le week-end à la campagne. Pourtant j’ai repris aujourd’hui, pour un dernier jour, mon rythme d’informations : visionnage de Canal + hier soir, lecture du Monde et écoute de France Info ce matin, et retour sur Canal + ce soir. Un peu d’internet entre temps, notamment la lecture de la déclaration de Bayrou.

        La dernière parole décisive (?) : la déclaration de Bayrou que je trouve sur le net hier vers 18h. Il a pris sa décision, voter Hollande. Je suis surprise, j’attendais un vote blanc, puisqu’il militait pour sa reconnaissance. Je pense qu’il a déjà fait une telle traversée du désert qu’il ne pouvait pas aller contre la majorité des caciques du Modem qui se sont prononcés. Je suis surprise mais plutôt satisfaite en tant qu’ex indécise. Son ralliement est cohérent quand on sait qu’il a été une des voix les plus sévères contre la méthode Sarkozy pendant ce quinquennat. D’aucuns lui reprochent d’avoir sacrifié ses exigences économiques, mais il mise sur la moralisation de la vie politique également promise par Hollande et surtout il a, comme moi, privilégié le respect de l’altérité. Hommage donc à ce centriste, digne héritier de Raymond Barre, libre de s’engager au-delà des politiques partisanes.

        Le débriefing du débat : le Grand Journal a donné la parole aux deux candidats. C’était un peu bizarre de refaire le débat sans le débat. Sorte de seconde chance pour reprendre ses erreurs et enfoncer le clou une dernière fois. J’ai peu apprécié le principe qui dénaturait l’exercice de style. Le débat n’est pas une énième occasion d’asséner son programme, c’est juste un combat de coq nécessaire pour montrer qu’on a la carrure pour diriger un Etat. Autre débriefing : le fact-checking, exercice très réussi dans Libé par C. Mathiot depuis plusieurs mois, voire années. Pour le débat, le site owni.fr s’y est collé, comme le huffingtonpost, et peut-être d’autres, la question ne méritait pas d’être creusée. Le résultat est là : consternant. Je passe sur la différence de sources, par exemple à propos du chômage entre pôle emploi et le BIT, qui implique des différences de calcul, mais il y a eu beaucoup d’approximations inadmissibles comme lorsque le Président de la République a affirmé que le personnel de l’Education Nationale représentait la moitié de la fonction publique quand c’est 1 pour 6. Sarkozy voulait miser sur un discours très technique pour montrer qu’il était le plus crédible dans la fonction, il aurait pu mieux préparer ses chiffres. Je retrouve dans un article du Nouvel Obs de J.-M. Charon une idée que j’ai évoquée avec des collègues, hier, dans le train qui me ramenait d’une réunion, à savoir la possibilité de faire défiler les vrais chiffres en bandeau, en bas de l’écran, mais à la réflexion je me dis que cela pourrait avoir l’effet pervers de pousser les candidats à ne sortir aucun chiffre. Or si on se moque bien finalement des chiffres exacts du déficit quand les sommes astronomiques atteintes perdent toute réalité pour le commun des mortels, un débat sans chiffre réduirait les argumentaires à de belles paroles, pendant lesquelles il serait difficile de juger de la capacité de l’adversaire à résister aux coups.

        Pour le divertissement : le Petit Journal. J’ai, depuis le début de cette campagne, bien aimé leur parodie de l’élection dans le cadre de leur CE, je leur cède donc le dernier mot à quelques minutes de la fin de la campagne officielle. Les épisodes du jour reprenaient les portraits des deux sélectionnés pour le second tour avec en petite fenêtre la réaction du candidat concerné. Ils étaient nettement moins souriant que moi. Cela doit être le côté le plus désagréable de ce métier : subir la parodie. Certes celle-ci aura eu moins d’impact que celle des Guignols dans les années 1990, mais elle était nettement plus décalée.

        Allez derniers jours avant le résultat. Les ultimes sondages donnent 52% / 48%. Je devrais être confiante, mais une personne sur cinq n’est pas encore sûre de son vote et, malgré la victoire d’Hollande au débat, Sarkozy a pris 2 points en une semaine… alors il y aura une légère tension dimanche soir.

        Partager sur :

          5 mai 2012  Laisser un commentaire

          1-2 mai : dernières litanies du « moi, je … » avant 5 ans

          Tous les analystes disaient que le candidat en tête devait faire profil bas lors du débat, pour éviter l’erreur fatale, toujours possible, et laisser à l’outsider la posture de la dernière chance. Hollande a pris le contrepied de cet adage et le débat est déjà considéré comme le plus dynamique de la Ve République. C’était surtout plus fatiguant pour nous car les candidats passant leur temps à accuser l’autre de mensonge, il fallait aller à la pêche aux infos sur twitter. On a eu le droit aussi à votre ami un tel, votre chère une telle…. Tout ça dans un tour d’Europe qui ne nous a malheureusement pas fait voyager.

          Sur la forme : après 15 minutes flamboyantes de Sarkozy, Hollande a pris le dessus. Le point de rupture : dénoncer le satisfecit que s’auto-adresse Sarkozy en permanence, cela permettait d’insister sur son bilan. Alors Sarkozy a joué la carte des mensonges et faux chiffres d’Hollande, mais comme c’est invérifiable sur le moment, cela n’a pas fait mouche. Hollande faisait de même, on était dans un combat de menteurs, on a même eu un clin d’œil respectif au « merci, je ne suis pas votre élève » de Mitterrand à Giscard. Hollande a fait une belle profession de foi pour certains observateurs, une litanie pour d’autres avec son « Moi, Président de la République » répété une vingtaine de fois, façon détournée de critiquer la présidence de Sarkozy. C’est la même rhétorique que celle que j’avais relevée dans son meeting des Landes. Plus simple cette fois-ci, mais qui frisait la punition : tu copieras 20 fois « Moi, Président de la République » ! J’ai préféré son pic de mi-parcours : « ne confondez pas la France avec votre personne ! »

          Sur le fond : les faiblesses du programme économique d’Hollande ou des accords avec les Verts du PS ont été soulevées par Sarkozy, sur l’immigration il a même sorti une lettre d’Hollande, un peu comme Lenglet sort son graphique, à propos des centres de rétention. Mais Sarkozy a fait des erreurs magistrales là où il devait s’imposer : poussé par Hollande il a ressorti l’Allemagne de son chapeau ; il a assimilé tous les immigrés à des musulmans, s’enfonçant ensuite en démontrant à Hollande que l’immigration venait à plus de 90 % d’Afrique (sic) ; il a perdu son sang froid lors des attaques d’Hollande sur ses cadeaux aux riches, il a été trop technique sur la dette. Il conclut en s’adressant directement aux électeurs de Bayrou et Le Pen : règle d’or et fermeture des frontières, un grand écart européen qui frise le claquage. Hollande conclut sur le respect, il me conforte dans mon vote.

          Hollande gagne le débat sur twitter. L’Express.fr est plus diplomatique : « l’impact du débat devrait être limité ». Libé a fait le buzz en sortant sa Une dès 22h, titrant « Hollande préside le débat ». Pour moi aussi Hollande a gagné, mais ceux qui votent Sarkozy diront de même et de toute façon l’histoire retiendra le gagnant du 6 mai pour vainqueur de ce débat.

          Et pendant ce temps, après l’Argentine, c’est la Bolivie qui nationalise, Mélenchon doit bouillir de jalousie. Et pendant ce temps les Syriens meurent pour leur liberté, je désespère. Et pendant ce temps … il va falloir revenir bien vite dans la réalité de ce monde, c’est donc un soulagement qui émerge à la fin de ce débat : ouf, on va bientôt passer à autre chose. Et dire que les Romains élisaient leurs consuls tous les ans, avec des campagnes électorales qui duraient plusieurs mois !

          Partager sur :

            3 mai 2012  1 commentaire

            30 avril : tant de bleu dans des terres jaunes et vertes !

            Je suis non seulement dans un désert numérique pour le week-end, mais aussi dans un fief de droite. La lecture de l’Eclaireur du Gâtinais, qui ne paraît une fois par semaine, m’annonce les résultats de la région avec pour Une « le Gâtinais à droite toute ». Sous une photo du dépouillement, encadrée par le sourire de Miss Montargis et une pub pour Bricorama, on peut lire « Excepté Châlette, (…) la plupart des communes du Montargois placent l’UMP en pôle position. Le FN obtient d’excellents scores, arrivant en tête dans 22 communes ». Dans le village où je réside, la participation atteint 86 % des 393 inscrits se sont exprimés : aucun n’a voté pour Joly, 1 pour Cheminade, 2 pour Arthaud, 3 pour Poutou et 6 pour Dupont-Aignan. Le Pen et Sarkozy sont ex aequo à 33, 8 %, Bayrou plafonne à 7,1 %, Hollande à 16% et Mélenchon à 5,5 %. Les résultats sont donc détaillés commune par commune, la seule analyse politique concerne l’enracinement de Le Pen dans ces campagnes. Car je suis ici baignée de champs de colza et de blé, une mer jaune-verte qui apporte une vrai sérénité. Ici on vit tranquillement dans des maisons individuelles entourées de jardins proprets, à l’écoute des oiseaux et à l’affut des écureuils. Certes la hausse du pétrole doit grever les budgets puisqu’il n’y a plus aucun commerce dans le village et il y a bien des soucis avec ces prostituées qui longent les routes d’accès à l’autoroute, mais aucun étranger dans les parages, aucune misère autre qu’une éventuelle solitude. Tout est calme, luxe et volupté …

            La seule explication que l’on peut trouver dans ce journal au succès de Le Pen vient de l’interview du député–maire, J.-P. Door « On peut trouver dans le laxisme local de ses représentants [moi : ils ne sont pas de droite ?], en matière de lutte contre l’insécurité [moi : je trouve p. 9, dans les faits divers, des violences conjugales maîtrisées, 3 homme arrêtés pour une vitre brisée, un cambriolage avorté, un incendie dans une maison dû à un problème électrique et surtout un artisan au désespoir que des agents de sécurités ont maîtrisé avant qu’il ne s’immole ; la protection des individus semble plutôt fonctionner dans la région !] et la délinquance notamment [moi : les prostituées de la route nationale ?]« . Ah il devait sûrement parler de Châlette où le journal distingue les Châlettois d’origine des autres, la banlieue qui craint, mais où mes voisins n’ont certainement jamais mis les pieds !

            Me voilà dans une maison où l’alarme est mise la nuit pour le rez-de-chaussée alors que j’ai grandi dans une maison, dans cette même région, dont on ne savait même pas où était la clef. Les campagnes ont peur, d’une peur fantasmée, dans une société où l’on espère qu’un parti extrémiste nous apportera le risque zéro, alors que jamais nous n’avons vécu dans un France aussi sûre. Le Pen aurait-elle évité les violences conjugales ?

            Je suis dans un fief de droite, en témoigne aussi la presse que j’ai à disposition : le Figaro Magazine et Challenges. Le Figaro titre « Pourquoi il peut encore gagner… » avec une photo de Sarkozy, un article pour nous expliquer qu’il doit ramener à lui l’électorat de Le Pen, merci on n’avait pas saisi ! Il y a même un ridicule tableau de simulation qui présente les reports de voix que doit obtenir Sarkozy pour gagner : à quoi cela sert-il ? Mystère, à moins que cela ait pour but de convaincre les électeurs de droite qu’il peut, mathématiquement, gagner. Ah si une élection n’était qu’une question d’arithmétique ! Sinon je trouve un article sur le dilemme de Bayrou et celui de Le Pen, rien sur la gauche, même pas pour la critiquer, quelle sportivité. Enfin un dernier article sur l’historique des débats rappelle qu’ils n’ont pas eu, ou très peu, d’impact sur le vote du second tour… tout ça pour ça.

            Allez j’ouvre Challenges qui passe « au scanner » les argumentaires des deux candidats. Leurs phrases chocs ont été sélectionnées et classées selon les grands thèmes de la campagne  (Déficits publics, fiscalité, Europe, Nucléaire, Immigration, Industrie, Emploi, Education et Retraites). Je me demande quelle est l’utilité d’un tel article. Il ne sert pas à faire un choix, les deux candidats ont autant de vrai/faux l’un et l’autre. Je pense qu’il s’agit de donner des arguments aux lecteurs pour alimenter leur conversation, notamment s’ils regardent le débat du 2 mai en groupe. Ils pourront se faire remarquer en levant le doigt bien haut et criant « faux », tout en donnant les vrais chiffres. Un petit jeu auquel aurait bien joué mon père, mais pas moi. Alors je laisse tomber et je vais aller cueillir du muguet dans les bois. Il n’y aura pas de défilé du 1er mai pour moi, pas dans cette campagne, je n’ai donc pas de dilemme sur le parcours à choisir, mais pour ceux qui en auraient … voici de quoi aiguiller votre choix.

            Partager sur :

              30 avril 2012  Laisser un commentaire

              27-28 avril : coupée du monde après avoir été sur les ondes

              Me voilà dans une situation bien délicate : je suis pour ce week-end dans une zone à très faible débit internet. Je ne suis pourtant qu’à une centaine de kilomètres de Paris, mais je peux à peine utiliser internet, en tout cas très peu pour ce journal. Je réalise que je n’aurais jamais pu le tenir si j’avais vécu dans ce désert numérique : impossible de regarder les meetings ou les émissions télé en streaming ! Impossible donc d’écouter le podcast de l’émission de Chloé Leprince d’hier matin ! Heureusement j’avais pu l’entendre en direct mais le souvenir en reste flou, ce qui confirme mon propos sur la porosité de notre cerveau lorsqu’il n’est sollicité que par la voix et qu’il ne bénéficie que d’une seule écoute. Je le mets ici car ceux qui me liront seront sûrement mieux connectés que moi.

              Je dois pour ma part faire appel à ma mémoire pour commenter cette expérience. Je passe rapidement sur le sentiment à l’écoute de ma voix, elle m’est apparue bien sévère, beaucoup plus grave que je ne le pensais. La sélection opérée par les journalistes ne m’a pas surprise. Je savais que mon coup de la sieste y serait, cela permettait d’alléger le propos, de le rendre un peu plus humain. Mais je l’assume, je l’avais par ailleurs raconté ici. Ma démarche a toujours été sincère, ne voulant pas minimiser mes petites faiblesses et voulant rester dans la peau de Madame-Tout-le-Monde et non celle d’un journaliste.

              Dans l’ensemble, c’est le confort de mon indécision qui a été valorisé et l’énergie demandée par le métier de citoyen (hommage à Claude Nicolet) qui émerge de cette longue interview. Je m’étais donc trompée quand je pensais jeudi que mon parcours personnel serait privilégié.

              Je suis un peu moins satisfaite par le rendu de mon processus de décision. Mais là il aurait fallu des heures et des heures pour le retranscrire en toute justesse, car il s’étale sur plusieurs mois et de nombreuses pages de ce journal. Avec la sieste et mon vote sans enthousiasme, les auditeurs ont pu trouver mes efforts un peu vains. J’espère qu’ils sont venus lire ce journal pour mieux le comprendre.

              Je pense également que cette interview d’une indécise aurait davantage intéressé les auditeurs si elle avait été diffusée juste avant le premier tour. Mais la programmation de l’émission était bouclée de longue date, bien avant que n’émerge en moi l’idée de ce journal. L’expérience a en tout cas été très intéressante et je remercie encore Chloé Leprince de m’avoir donné l’occasion de la vivre.

              Partager sur :

                28 avril 2012  Laisser un commentaire

                26 avril : Video killed the Radio Star

                Pour ces derniers jours de campagne, outre mon regard sur le débat, je vais surtout dresser un bilan de cette expérience citoyenne menée depuis le 15 mars. En effet, alors que je ne suis plus indécise, pourquoi encore commenter l’info, ce que font très bien les média. Ainsi j’apprécie la Une de Libé qui titre : « Sarkozy est-il encore compatible avec la droite ? » en regard de son « Le Pen est compatible avec la République ». Ces derniers jours de campagne prennent un virage surprenant : je ne crois pas que Sarkozy attirera à lui le vote contestataire de droite et les Lepenistes ont sa défaite pour stratégie. Il risque même de voir fuir certains centristes. Inutile d’étaler ici ce suicide politique. Alors je fais faire un premier bilan sur l’objectif premier de ce journal : quelles informations me sont parvenues pour palier à mon indécision ?

                Je commence par la radio car hier j’ai prolongé la rencontre de Samedi 14 avril avec Chloé Leprince. Elle anime une chronique sur France Info tous les vendredis à 8h45 intitulée « Carte d’Electeur ». Mon journal m’avait semblé pouvoir correspondre à sa démarche : s’intéresser aux actions citoyennes de nos compatriotes à l’occasion d’un tour de France. Je l’avais donc contactée et ce sont plus de deux heures d’interview qui nourriront, en partie, sa réflexion sur l’indécision, thème de l’émission que vous pourrez écouter demain, 27 avril, ou en podcast. Certes, de part l’angle adopté, elle risque d’insister davantage sur mon parcours personnel que sur mon analyse du filtre que nous opérons sur les média. Mais ce n’est pas sûr, le suspens est entier jusqu’à demain. J’avoue être à la fois intriguée et légèrement inquiète. Je n’avais jamais pratiqué cet exercice de l’interview. J’ai réalisé qu’il est difficile d’avoir un discours affuté et précis sur un sujet aussi récent pour moi et qui n’occupe qu’une partie de mon temps. Mais je lui fais confiance, elle a jusqu’à présent traité avec beaucoup de respect ceux qui ont participé à son émission ; j’espère donc que le meilleur de ce journal en sortira.

                Sinon sur ce mois et demi écoulé, j’ai nettement moins écouté la radio que je ne le prévoyais dans mon programme. Il faut dire que traditionnellement je l’écoute surtout en déplacement, très peu chez moi. Or je me suis peu déplacée ces derniers temps. La radio est, par excellence, le média de la voiture, que je n’ai pas, et du rendez-vous, donc des horaires fixes. Et je n’ai pas assuré un suivi car je voulais pouvoir écouter un peu toutes les radios. Là fut peut-être mon erreur, car je n’ai eu qu’une vision partielle de ce qu’ils pouvaient m’offrir, très dépendante des invités. Je ne me suis pas fidélisée. La radio a été la première à pâtir de mon manque de temps, seul les podcasts m’ont permis de rester connecté. Mon journal ne relate plus de réflexions liées à ces écoutes depuis plus de 15 jours. Un comble quand on pense que une première vitrine médiatique m’est offerte par une radio. Alors que ma démarche, l’écriture, aurait pu/dû davantage trouver sa place dans des journaux papiers ou sur internet !

                L’écoute de la radio fut pourtant une bonne base pour trouver des articles de fonds, grâce notamment aux revues de presse. J’y ai aisément entendu des informations pratiques : les candidats, leurs déplacements du jour ou leurs petites phrases, mais cela peut aussi se trouver dans la presse papier, que j’ai donc fini par privilégier le matin, pour la tranquillité que cela apporte et le choix que je pouvais opérer. L’intérêt de la radio c’est la voix : j’y ai par exemple entendu le soutien de Dufflot à Joly, mais la voix se trouve aussi à la télé ! Il y avait peut-être une plus grande liberté de ton à la radio, qui malgré tout jouait le jeu du temps de parole, mais comme les émissions sont maintenant filmées et que les meilleurs extraits sont diffusés à la télé, on n’a pas le sentiment d’avoir manqué une info, d’autant plus que ce sont souvent les mêmes journalistes que l’on entend dans les deux médias. Ce sont les sans visages qui ont bien souvent les approches les plus originales. Je suis donc persuadée qu’une écoute plus régulière m’aurait aidé à poser des questions auxquelles je n’ai pas pensées, peut-être les bonnes questions comme ce fut le cas le 30 mars, ce sera mon principal regret.

                Partager sur :

                  26 avril 2012  2 commentaires

                  24-25 avril : la grande transhumance vers le 6 mai

                  Je suis en train de prendre le rythme de n’écrire plus qu’un jour sur deux : plus de travail, moins de temps, mais aussi moins d’intérêt. Plus que deux candidats et j’ai déjà fait mon choix. Je deviens partisane, forcément, cherchant les faiblesses de Sarkozy, raillant sa mauvaise foi, notamment en matière de débat : aucun avant le 1er tour sous couvert de tradition, mais 2 puis 3 avant le second tour au mépris du traditionnel débat unique. Allez, on sait bien que celui qui est en tête au premier tour doit se placer en retrait par rapport au challenger qui lui doit être agressif. Tout cela est stérile, ce ne sont que des manigances politiciennes de déstabilisation entre deux boxeurs qui vont s’affronter. De toute façon je n’ai pas la prétention de convaincre qui que ce soit. Je ne suis pas une militante et je ne crois pas que les électeurs de Le Pen me lisent…

                  Je regarde donc d’un œil détaché la presse écrite qui explique les petites querelles internes aux partis, entre ceux de l’UMP qui pensent déjà à la recomposition du parti et ceux du PS qui lorgnent sur les différents ministères. Pour eux les jeux sont faits, mais ils feraient mieux d’éponger les tempes de leur champion, car il faut qu’il redouble d’ingéniosité pour séduire l’électorat lepeniste. Les candidats prennent le masque de la compréhension : il faut ramener au bercail ces pauvres brebis égarées dans les limbes de notre République. Mais, et si c’était des loups ? Gare à protéger l’ensemble du troupeau !

                  Alors pour me détendre un peu je suis allée me plonger dans un autre troupeau, celui des petits hommes bleus au théâtre parisien des Déchargeurs. A. Bueno y analyse les utopies décelables dans l’univers des schtroumpfs. Construit par Peyo sans un discours politique préétabli, le totalitarisme suinte dans ce petit monde, comme il suinte innocemment dans le notre ( ?) par familiarité avec des images, des mots, qu’on ne relève même plus. Heureusement l’humour n’a pas été oublié par les acteurs qui aimeraient sortir de leur bulle. Avant d’aller voir cette pièce-conférence, voici déjà le schtroumpf du 22 avril … Soit dit en passant j’aurais davantage vu Sarkozy en Schtroumpfissime pour son côté bling-bling et populiste… mais c’est vrai que depuis quelques mois il joue au Grand Schtroumpf de l’Europe. Alors, qui de Grand Schtroumpf ou de Schtroumpf à lunettes va gagner le 6 mai ? Qui va réussir à convaincre les admirateurs de la Schtroumpfette ?

                  Partager sur :

                    25 avril 2012  Laisser un commentaire

                    21-23 avril : décidée mais inquiète

                    La dernière ligne droite vers ma décision ne fut pas celle envisagée. Je pensais relire les programmes, j’avais emporté avec moi l’enveloppe électorale reçue jeudi, soit dit en passant bien tardivement pour ceux qui ne comptent que sur cela pour se forger une opinion, mais avant d’avoir le temps de lire ces professions de foi, après une courte sieste dans le train qui me menait vers la Bretagne, un nom s’est imposé.

                    D’aucuns diront : ce n’est pas bien sérieux après un mois et demi de réflexion quotidienne. On pourrait croire que c’est uniquement l’instinct qui a parlé. Oui et non, car les réflexions de ces derniers jours ont dû le guider. J’avais déjà restreint mon choix à deux noms, mon souci de l’écologie ayant été mis en berne par les candidats mêmes. Il n’a pas été porté dignement par EELV, ni par les autres, seul Mélenchon a fait un bon boulot sur le sujet mais je l’avais mis de côté pour les axes majeurs de son programme. Il fallait choisir sur trois autres critères importants pour moi : le respect de l’humain, la justice sociale et la résolution de la crise. Bayrou et Hollande se tenaient à la corde. C’est la force de conviction qui a fait pencher ma balance. Mes valeurs ont été mieux portées dans cette campagne par Hollande ! Mais c’est aussi la stratégie qui a eu son petit mot à dire, il fallait soutenir Hollande dès le 22 avril pour lui donner la force de résister à Sarkozy dans l’entre-deux tours. Donc je n’ai pas été victime d’une illumination, mais plutôt éclairée par une lumière au bout du tunnel, j’ai cueilli le fruit à maturité.

                    Ainsi ma consigne de vote s’est dessinée dès samedi midi. L’après-midi, au lieu de relire le programme de Mélenchon, comme prévu, j’ai regardé le discours du Bourget, puisqu’il avait fait l’unanimité ce jour là, le 22 janvier, pour trouver un peu d’élan dans mon vote. Et c’est vrai qu’il était encore frais et donc meilleur que pendant la campagne officielle. Vote confirmé. Je ne suis plus une indécise.

                    Dimanche a été consacré à un peu de peinture… oublier quelques heures ces élections avant d’entrer dans le marathon de la soirée électorale… il faudrait d’ailleurs changer de mot car la « soirée » a commencé à 17h sur twitter et surtout sur #radiolondres. Si les messages, des dizaines à la minute, étaient parfois drôles, les jeux de mots fusant pour imager les noms des candidats, et si le sentiment d’être dans les petits papiers était grisant, les résultats annoncés ne furent pas si probants. Pendant 2 heures les chiffres, émanant des sites belges et suisses ( ?), étaient sans surprise, certains ont même suggéré qu’ils n’étaient fondés que sur les sondages des derniers jours. Il y avait un air de fête dans les 3/4 des tweets : les tulipes se vendaient à un cours plus élevés que la Rolex. Mais à une heure des résultats, on arrête la rigolade, c’est la panique, Le Pen ferait 20%. Il y avait bien une surprise, mais une mauvaise. Si les tweetos clamaient haut et fort la victoire du net, c’était un échec, car entre 16% annoncés à 17h et les 20% de 19h, il y avait de quoi faire basculer une élection, rappelez-vous 2002. Le net peut diffuser n’importe quel chiffre, cela confirme qu’il ne faut pas interdire cette diffusion, si on ferme tous les bureaux de vote à 20h : le débat sera ainsi clôt.

                    20h : les estimations tombent sur toutes les chaînes et semblent confirmer le score de Le Pen, mais les chiffres varient jusqu’à 3 points entre les instituts de sondages. Allez on croise les doigts et je zappe de chaîne en chaîne pour trouver le résultat qui s’imposerait. Mais à 22h30 les mêmes écarts sont toujours annoncés. C’est une claque pour ces sondages « sortie d’urne », ils ne sont pas fiables. 23h, ouf, la tendance est quand même à la baisse. Mais cela remet largement en cause mon sentiment favorable à plus de proportionnelle dans notre démocratie. On ne peut oublier que sous une République très démocratique, dans laquelle la proportionnelle était très poussée, la République de Weimar, un peuple pas plus raciste que les Français à la même époque, mais nettement plus touché par une crise et avec une plus jeune expérience de la démocratie, a porté Hitler au pouvoir, en toute légalité.

                    Que dire de cette soirée ? Mon élan est coupé par le « rien ne sera plus jamais comme avant » de Le Pen. Elle n’a pas tord, jusqu’où peut-elle aller ? Je suis très inquiète pour l’avenir, car en 5 ans Hollande ne va pas balayer la crise, il peut au mieux calmer un peu le jeu et en atténuer les conséquences pour une majorité de Français, et 2017 sera un boulevard pour Le Pen. J’aurais presqu’envie que Sarkozy passe pour éviter un tel avenir pour notre pays.

                    Le score de Mélenchon n’est en revanche pas une surprise, l’engouement suscité relevait surtout d’une envie d’ailleurs. Mais la peur des communistes a parlé pour tous ceux qui n’avaient pas pris la Bastille. J’ai toutefois trouvé très louable l’allocution de Mélenchon : il ne négocie pas, il reste droit dans ses bottes, appelant à lutter contre la droite et surtout contre l’extrême droite.

                    Pas de surprise en ce qui concerne Joly et Bayrou. Une parole qui me console dans cette soirée, celle de Joly, les électeurs de Le Pen « se trompent de colère ». Allez j’ai envie de la croire, ces électeurs ont fait un vote contestataire sans prendre toute la mesure de ce que propose Le Pen.

                    Alors la suite ? 1 ou 3 débats ? Hollande aurait déjà dit non à la proposition de Sarkozy. En tout cas pour la première fois depuis…??? … il n’y aura pas les quelques jours de tractation habituels. Les positions sont claires pour tous dès le soir même du premier tour. La gauche unie derrière Hollande et Le Pen joue la carte de la défaite de Sarkozy et de l’explosion de l’UMP pour prendre la direction de la droite dans l’opposition. Certes Bayrou a dit prendre le temps de la réflexion, mais ses proches ont l’air unanimes : ils ne peuvent pas voter Sarkozy.

                    Les résultats quasi définitifs  à 11h ce matin du 23 avril :

                    Hollande 28,63%

                    Sarkozy 27,08%

                    Le Pen 18,01%

                    Mélenchon 11,13%

                    Bayrou 9,11%

                    Joly 2,28%

                    Dupont-Aignan 1,80%

                    Poutou 1,15%

                    Arthaud 0,57%

                    Cheminade 0,25%

                    Partager sur :

                      23 avril 2012  2 commentaires

                      « Jours précédents